La Haute Cour militaire a ouvert, le vendredi 19 décembre 2025, le procès très attendu du lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la 3e zone de défense et ex-chef des opérations au Nord-Kivu.
Il est poursuivi pour trahison, incitation à l’indiscipline militaire et participation à un mouvement insurrectionnel, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes à l’Est de la République démocratique du Congo.
Le prévenu fait face à deux causes distinctes. Dans la première, il est seul mis en cause pour des faits de trahison et d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la discipline.
Dans la seconde, il est coaccusé avec un civil, Shauri Chibogo Issa, pour participation à un mouvement insurrectionnel.Ce procès survient dans un contexte tendu, alors que la RDC fait face à une agression persistante du Rwanda par milices interposées. Il met en lumière la nécessité de renforcer la discipline au sein des FARDC et de sanctionner les hauts gradés soupçonnés de collusion avec l’ennemi.
Cette procédure judiciaire représente une étape décisive dans la lutte contre l’impunité au sein des institutions sécuritaires congolaises.Le ministère public, représenté par l’auditeur général, fonde ses accusations sur plusieurs messages attribués au général Yav.
L’un d’eux, transmis au feu général-major Peter Cirimwami, ex-gouverneur militaire du Nord-Kivu, serait signé par le secrétaire particulier du général rwandais James Kabarebe, soutien présumé du groupe armé M23 :
« Ce Cirimwami-là retarde sérieusement notre projet », y lit-on.
Un autre message, adressé au général Mwehu en mars 2022, semble suggérer des tensions internes au sein de l’armée :
« Tu ne sais pas que la victoire remportée va profiter à ces Bangala ? ».
Pour le ministère public, ces éléments constituent des actes d’agression contre la République, prévus et punis par le Code pénal militaire.
Au cours de cette première journée d’audience, la défense du lieutenant-général Yav a introduit un mémoire sollicitant sa mise en liberté provisoire.
La cour a pris acte de la requête et demandé aux avocats de déposer la liste des témoins à faire comparaître.Le procès a été renvoyé au 6 janvier 2026, pour la suite des débats.
Pour sa crédibilité, peut-on y voir un signal fort dans la lutte contre l’impunité au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo et de la Police nationale congolaise, censées défendre l’intégrité du territoire national ? s’interrogent les observateurs avertis.
Jeremy Edraku.













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